Soulager les hémorroïdes naturellement : traitement naturel et remèdes de grand-mère
Pour soulager les hémorroïdes naturellement, plusieurs approches se complètent : bains de siège, alimentation, plantes et bonne posture aux toilettes. Voici ce qui fonctionne vraiment, et dans quel ordre s'y prendre.
Comprendre les hémorroïdes pour mieux les soulager
Les hémorroïdes correspondent au réseau veineux situé au niveau de l'anus. Lors d'une crise, plusieurs signes apparaissent : douleur, brûlure, démangeaisons, sensation de pesanteur.

Hémorroïdes internes ou externes : la différence
Les hémorroïdes internes se forment sous la muqueuse du canal anal. Elles passent souvent inaperçues au début — la douleur est moins marquée — mais peuvent provoquer un saignement rouge vif au moment des selles. Les hémorroïdes externes, situées à la surface de l'anus, donnent plus volontiers douleur, gonflement et gêne immédiate en position assise.
Dans les deux cas, on retrouve les mêmes symptômes de fond : brûlures, tiraillements, sensation de chaleur et démangeaisons.
Une crise dure généralement 2 à 4 jours dans les formes simples, et s'apaise souvent d'elle-même à condition d'agir tôt. Si les symptômes persistent au-delà d'une semaine, un avis médical est nécessaire pour écarter une autre cause.
Ce qui favorise une crise
La constipation reste le déclencheur le plus fréquent. S'y ajoutent la grossesse, le surpoids, la sédentarité prolongée, et une alimentation riche en alcool ou en plats très épicés. Plus ces facteurs se cumulent, plus le risque augmente.
Rester assis plusieurs heures d'affilée entretient également la congestion veineuse. À l'inverse, une activité physique même modérée réduit la pression abdominale et assouplit le transit.
Le lien entre le foie et les hémorroïdes
C'est une piste explorée par les approches naturopathiques : une congestion hépatique participerait à un reflux veineux dans la zone anale, entretenant un terrain sensible. Cette lecture explique pourquoi certains praticiens conseillent un soutien hépatique chez les personnes sujettes aux récidives malgré des soins locaux bien menés.
Bains de siège et froid : le soulagement le plus rapide
L'eau reste l'outil le plus simple et le plus efficace pour calmer une crise. Encore faut-il choisir la bonne température.
Comment réaliser un bain de siège à domicile
En pleine crise, c'est le froid qui soulage : une eau entre 10 et 20 °C, 10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour. Elle resserre les vaisseaux dilatés et fait retomber la brûlure en quelques minutes. Hors crise, on passe à l'eau tiède (37-38 °C), sur la même durée, pour détendre les tissus et soutenir la circulation locale.
La bassine de bain de siège se pose directement sur la cuvette, s'adapte à 99 % des WC standard et dispose de buses d'évacuation qui évitent tout débordement. Quelques litres suffisent — inutile de remplir une baignoire.
Retrouvez toute la gamme de bassines, et le protocole complet dans notre article sur la technique du bain de siège.
Le froid pour dégonfler rapidement
Quand le gonflement domine, la compresse froide est le bon réflexe : 5 à 10 minutes, plusieurs fois par jour. Ne posez jamais la glace directement sur la peau — un linge propre suffit à protéger la zone.
Une poche de gel froid, dans son étui en tissu, peut prendre le relais après les selles ou une station assise prolongée. Là encore, tout est affaire de mesure : un froid bien dosé apaise, un contact trop long irrite.
Il est également possible d'ajouter à l'eau du bain une décoction de bistorte ou de ficaire, deux plantes riches en tanins traditionnellement employées pour leur effet astringent.
Les remèdes de grand-mère en application locale
Certains remèdes s'appliquent directement sur la zone pour calmer la douleur, apaiser les démangeaisons et réduire l'irritation. C'est l'approche la plus simple pour traverser une crise légère.

Hamamélis, aloe vera et huile de coco
Ce sont les trois plus utilisés, et les mieux tolérés.
- L'hamamélis, en hydrolat sur une compresse, 2 à 3 fois par jour. C'est la plante astringente la plus associée au confort veineux : ses tanins sont réputés resserrer les vaisseaux.
- Le gel d'aloe vera, une noisette de gel pur sans aloïne, après la toilette. Il hydrate et apaise les sensations de brûlure.
- L'huile de coco vierge, en petite quantité sur la zone externe. Son effet émollient réduit les frottements et calme les irritations persistantes.
En pratique, l'hamamélis le matin et l'aloe vera le soir forment une routine simple. L'huile de coco complète l'ensemble si la zone tiraille après la toilette.
Huiles essentielles et argile verte
Les huiles essentielles de cyprès, de menthe poivrée et de lentisque pistachier sont traditionnellement employées pour le confort veineux. La menthe poivrée procure notamment un effet de fraîcheur immédiat.
Une règle absolue : les huiles essentielles ne s'emploient jamais pures sur cette zone, et ne se diluent pas dans l'eau. Elles doivent être mélangées à une huile végétale — jojoba, calendula — avant toute application. Demandez la formule et le dosage à votre pharmacien ou à un aromathérapeute : sur une muqueuse, l'à-peu-près se paie cher. Et au moindre picotement, on arrête.
Le vinaigre de cidre
Il s'utilise localement, toujours très dilué, ou dans l'eau du bain de siège — quelques cuillères suffisent. Dès qu'un picotement apparaît, augmentez la dilution ou interrompez : l'objectif est de calmer, pas d'ajouter de l'inflammation.
Si les hémorroïdes saignent souvent, deviennent très douloureuses ou reviennent régulièrement, un avis médical reste préférable malgré l'intérêt de ces remèdes.
Les plantes veinotoniques par voie orale
Agir de l'intérieur complète utilement les soins locaux. L'objectif : soutenir le tonus veineux et limiter la stase sanguine qui favorise les récidives.

Vigne rouge, petit houx et marron d'Inde
Ce sont les trois plantes les plus traditionnellement associées au confort veineux.
- La vigne rouge, appréciée pour ses flavonoïdes, s'utilise en infusion de feuilles ou en extrait.
- Le petit houx (fragon), en tisane, est employé de longue date pour le soutien circulatoire.
- Le marron d'Inde, riche en saponosides, est la plante la plus citée pendant les poussées.
Sur les dosages, adressez-vous à votre pharmacien. Les formes — tisane, gélule, extrait, teinture — n'ont pas du tout la même concentration, et ces plantes peuvent interagir avec certains traitements, notamment les anticoagulants. Ce n'est pas un détail : c'est précisément le genre de situation où un conseil officinal vaut mieux qu'un dosage lu en ligne.
En pratique, ces plantes s'emploient plutôt en cures courtes lors des poussées, ou sur un temps plus long chez les personnes sujettes aux récidives.
Chardon-marie et soutien hépatique
Le chardon-marie et le radis noir sont traditionnellement employés en soutien du foie, dans la logique évoquée plus haut. Des infusions de romarin, de chrysantellum ou de pissenlit s'inscrivent dans la même approche de fond.
L'alimentation compte aussi : limiter l'alcool et les excitants, intégrer des huiles végétales riches en oméga-3, c'est un appui durable là où les soins ponctuels ne suffisent pas.
Prévenir les récidives : posture, hygiène et alimentation
C'est là que tout se joue sur la durée. Trois leviers, tous simples.
La position aux toilettes
Le principe est concret : relever les genoux au-dessus des hanches pour retrouver une posture proche de l'accroupissement. Cette inclinaison ouvre l'angle du rectum, facilite l'évacuation et supprime l'essentiel de l'effort de poussée — le principal responsable des crises.
Le tabouret physiologique permet d'obtenir cet angle sans rien installer. À l'inverse, l'assise classique à 90° freine l'expulsion et augmente la pression : avec le temps, cette habitude entretient les crises.
Alimentation et hygiène douce
Deux bases : assez d'eau et davantage de fibres. Céréales complètes, légumineuses et fruits frais assouplissent les selles et réduisent la pression locale. Visez 1,5 à 2 litres d'eau par jour. Le psyllium blond peut soutenir ce rééquilibrage, à introduire progressivement.
Certains aliments majorent la sensibilité locale : épices vives, plats très gras, excès de café ou d'alcool. À observer au cas par cas, sans rigidité inutile.
Côté hygiène, c'est le rinçage à l'eau qui change tout. Après chaque selle, l'eau emporte les résidus sans le moindre frottement — là où le papier, même humidifié, continue de frotter une zone à vif. Un bidet portable ou une douchette WC suffisent. Séchez ensuite par tamponnement, jamais en frottant.
Le coussin anti-hémorroïdes aide enfin lorsque la station assise entretient la douleur — au bureau, en voiture ou à la maison. Complétez avec des sous-vêtements en coton non serrés, pour limiter la macération.
Quand consulter malgré tout
Une première apparition de saignement anal justifie toujours un examen : il faut confirmer qu'il s'agit bien d'hémorroïdes et non d'autre chose. Consultez également en cas de fièvre au-dessus de 38 °C, de douleur empêchant de s'asseoir, ou d'un gonflement qui ne diminue pas au bout de deux semaines.
Si la crise persiste malgré des soins bien menés, un professionnel peut proposer une prise en charge ciblée : sclérose, ligature ou chirurgie selon la situation. Ces gestes concernent surtout les formes résistantes.
Foire aux questions
Comment faire dégonfler une hémorroïde rapidement à la maison ?
L'association la plus efficace : une compresse froide 5 à 10 minutes plusieurs fois par jour, et un bain de siège à l'eau froide (10 à 20 °C) de 10 à 15 minutes, 2 à 3 fois par jour.
Ensuite, un nettoyage à l'eau après chaque selle, sans savon, évite d'entretenir l'irritation. Une fois la phase aiguë passée, les plantes veinotoniques peuvent prendre le relais quelques jours — sur conseil de votre pharmacien.
Quel remède de grand-mère contre les hémorroïdes ?
L'hamamélis en application locale est le plus classique : c'est la plante astringente la plus associée au confort veineux. Le gel d'aloe vera pur, appliqué après la toilette, apaise les sensations de brûlure.
L'huile de coco vierge forme un film protecteur sur la zone externe et limite les frottements. Cette approche douce convient surtout en dehors des crises très douloureuses, ou en soutien entre deux épisodes.
Quel est le lien entre le foie et les hémorroïdes récidivantes ?
Certaines approches naturelles considèrent qu'un foie surchargé peut perturber le retour veineux et favoriser les récidives : une congestion hépatique entretiendrait un terrain sensible, ce qui expliquerait des crises répétées malgré des soins locaux bien menés.
Dans cette logique, un soutien par chardon-marie, radis noir, romarin ou pissenlit est parfois employé sur la durée. Cela ne remplace ni le bain de siège ni la compresse froide pendant une crise — c'est un travail de fond.
Ces remèdes relèvent du confort et du bien-être. Ils ne remplacent ni un diagnostic ni un traitement prescrit : au moindre saignement, douleur intense ou symptôme persistant, consultez un médecin. Pour toute prise par voie orale, demandez conseil à votre pharmacien.






